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Incinérateur : quel avenir pour le Valtom ?

Publié par Bertrand le mercredi 2 juillet 2008 à 07h32min, mis a jour le mercredi 2 juillet 2008 à 10h32min - 1848 lectures

Le refus de l'incinérateur par le préfet remet en cause le travail du Valtom. Mais on peut aussi pointer du doigt la représentativité particulière au sein du syndicat et se demander qui va payer la note...

Il avait fait de l’incinérateur son thème de campagne pour sa candidature à sa propre succession à la présidence du Valtom. La décision du Préfet de ne pas accorder l’autorisation de construction et d’exploitation a donc logiquement provoqué sa démission. André Gay qui présidait le Valtom depuis sa création en 1997, et venait d’être réélu, a attendu quelques jours pour l’annoncer mais on ne voyait pas comment il pouvait continuer à présider cette structure qui avait fait de l’incinérateur sa solution majeure pour répondre à sa mission.

Le VALTOM, syndicat pour la Valorisation et le traitement des déchets ménagers et assimilés, a en été créé en 1997 pour mettre en œuvre une filière globale de gestion de déchets ménagers et assimilés dans le département du Puy-de-Dôme et le nord de la Haute-Loire. L’incinérateur Vernéa s’inscrivait dans un projet d’organisation multifilières de traitement des déchets mené par le Valtom. Le refus du projet par le préfet remet donc en cause cette organisation mais aussi le travail du Valtom depuis sa création.

Dans le communiqué annonçant sa démission, André Gay indique que "la décision de Monsieur le préfet, dictée par les ministres Jean-Louis Borloo et Brice Hortefeux, de ne pas accorder l’autorisation, est pour lui une grande surprise et une immense déception.". Il déplore aussi "les effets désastreux de la politique politicienne."

La présidence devrait être assurée par intérim par le président du Sictom Issoire/Brioude en attendant l’élection d’un nouveau président. Cela ne devrait rien changer à la position du Valtom sur le dossier car le mode de désignation de ses membres donne en effet une très large majorité aux élus ruraux qui ont toujours soutenu André Gay et le projet d’incinérateur.

Pour eux ce refus est largement contestable et ils reprochent ouvertement à Brice Hortefeux et au préfet d’avoir pris « une décision démagogique à caractère politicien ». D’ailleurs certains membres ne semblent pas prêts de lâcher l’affaire comme le montre cette déclaration de Bernard Veissières (Ardes Communauté) dans La Montagne du 26 juin : « J’ose encore espérer que le préfet peut revenir sur sa décision. La justice peut aussi le remettre dans le droit chemin... »

 Faut-il revoir le Valtom ou son mode de fonctionnement ?

Pour rappel, le Valtom est administré par une Assemblée Générale composée de 26 élus délégués, désignés par les assemblées délibérantes des différentes collectivités adhérentes regroupant les communes situées dans le périmètre du VALTOM. Selon leur nombre d’habitants, chacune est représentée par 2 à 5 délégués. Clermont Communauté qui pèse près de la moitié des habitants du département n’a donc que 5 représentants au Valtom, soit moins de 20% des membres.

Cette sur-représentativité des élus ruraux est justement pointée par les opposants au projet d’incinérateur mais aussi par ceux qui veulent remettre en cause le Valtom ou tout du moins son fonctionnement. L’effet de cette représentativité toute particulière s’est matérialisée avec la réélection d’André Gay à la tête du Valtom avec 20 voix, soit l’ensemble des élus ruraux. Cela donne ainsi l’image d’une guerre des élus ruraux contre ceux de l’agglomération avec avantage numéraire pour les premiers et surtout intérêt à faire bloc. En plaçant l’incinérateur dans l’agglomération de Clermont-Ferrand, ces élus évitent en même temps tout risque de le récupérer sur leur territoire avec les conséquences que l’on imagine au niveau de l’électorat qui refuse massivement l’incinération.

Désavoué par le refus du projet, on peut donc légitimement se poser la question de l’avenir du Valtom en tout cas dans son mode de fonctionnement actuel. De plus le syndicat se fait aussi doubler sur ses compétences par Clermont Communauté avec le projet de valorisation Ophrys. Sous-représentée dans le Valtom, l’agglomération, qui a pratiqué la politique du siège vide au Valtom quelques temps, va-t-elle faire cavalier seul ?

 Une facture d’au moins 20 millions

L’autre conséquence de la non délivrance de l’autorisation est le coût financier. Pour la société Vernéa la perte financière est de deux ordres : les dépenses déjà engagées jusqu’à maintenant et la perte d’exploitation.

Vernéa a estimé que les dépenses engagées étaient de l’ordre de 20 millions d’euros. Cela comprend toutes les études relatives au montage des dossiers de demande d’autorisation et de permis de construire, aux études techniques du projet, des coûts de fonctionnement ainsi que les assistances liées à l’organisation du montage. Vernéa, filiale de Novergie - Suez, ne va sûrement pas en faire cadeau.

Par la voix de son vice-président Gabriel Gay, le Valtom a annoncé qu’il n’avait pas l’intention de payer un seul centime. Certains membres du Valtom ironisaient même en proposant d’en faire payer la moitié par l’État et l’autre moitié par le ministère de l’immigration de Brice Hortefeux. Dans tous les cas, que ce soit l’État, le Valtom ou les communes ce sera le contribuable qui sera mis à contribution...


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois

Mots clés
Actu - Incinérateur