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Voxan, Gima : la moto auvergnate joue sa survie

Publié par Bertrand le vendredi 26 février 2010 à 09h00min, mis a jour le vendredi 26 février 2010 à 10h25min - 4579 lectures

En une semaine les deux fabricants de moto auvergnats ont été placées en liquidation par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand. Elles n'ont maintenant plus quelques jours pour espérer se sauver...

En quelques semaines l’avenir de la moto auvergnate et française s’est assombrie. C’est d’abord l’emblématique Voxan qui a été placée en liquidation judiciaire. Malgré les succès de ses modèles en compétitions, la marque installée à Issoire a fait face à de nombreux problèmes industriels et n’a sorti que quelques modèles cette année.

Placée en liquidation judiciaire la marque et ses actifs seront vendus aux enchères si l’appel de la SODEMO n’était pas retenu. Ce serait la fin d’une marque qui a produit 4000 motos et a fait espérer que l’Auvergne, mais aussi la France, pouvaient renouer avec la construction de motos de grosses cylindrées.

 New Gima veut passer en production

Moins médiatique au départ le cas de New Gima est tout aussi emblématique des difficultés rencontrées par les entreprises pour se développer. Au départ le pari semblait fou. Hilario Gonzales voulait recréer cette moto fabriquée à Chamalières dans les années 50. L’idée était de recréer pratiquement à l’identique le modèle de moto Gima de petite cylindrée à moteur 4 temps qui avait eu un réel succès dans les années cinquante.

Et le pari était en passe d’être réussi. Dans son usine de Peschadoires près de Thiers, la société avait réussi à mettre au point un moteur et une partie cycle quasiment identiques à ceux de la moto des années cinquante, avec quelques concessions impératives à la réglementation (clignotants, rétroviseurs). Présentée au mondial du 2 roues de 2005 la New Gima avait reçu un franc succès du public et un très bon accueil de la presse.

Après la mise au point et l’homologation, les 5 premières 125 Gima sont sorties de la chaine de fabrication mi-2009 et les carnets de commandes sont bien remplis. Mais la crise est passée par là et la société GB Meca d’Hilario Gonzales (spécialisée dans la mécanique générale) a rencontré des difficultés financières. Elle a alors été placée en commission de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Clermont-Ferrand et depuis son patron se bat pour sauver l’entreprise et son rêve. Plusieurs fois il a réussi tant bien que mal à obtenir des délais supplémentaires de la part du tribunal pour poursuivre le projet.

 Recherche désespérée de financements

La moto est donc maintenant au point, elle est homologuée et 150 commandes ont déjà été passées. Mais il lui faut maintenant des fonds pour acheter des matériaux en grande quantité, lancer la production et constituer un stock de de pièces détachées indispensables pour le SAV. Cela permettrait d’amorcer la pompe pour faire vivre l’entreprise avec les ventes de la moto.

Et c’est là que ça coince. Comme l’explique Nicolas Gonzales, le fils lui aussi impliqué dans le projet, leur demande a été rejetée par toutes les banques : « Pour pouvoir prétendre à un prêt, les gérants doivent mettre en avant des fonds propres, ce que nous n’avons pas. »

Début février, Hilario Gonzalez a donc décidé d’entamer une grève de la faim pour dénoncer ce qu’il considère comme un scandale. Il a depuis reçu le soutien de nombreuses personnes dont François Bayrou et du député André Chassaigne. Pour le député communiste : « il y a sans doute une synergie à trouver dans les moyens de production. La fabrication de la GIMA pourrait profiter de l’outillage, de la chaîne de montage et du personnel extrêmement qualifié de Voxan. Je pense que nous avons là une convergence possible mais il faudrait les moyens financiers adéquats. »

 Délai de 45 jours

Mais le temps presse et sans moyens financiers, la société ne peut vivre et le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand l’a placé en liquidation judiciaire vendredi dernier, soit une semaine après Voxan. Le tribunal a toutefois accordé un délai à Hilario Gonzales jusqu’au 18 mars pour trouver le financement qui manque à la mise en fabrication. La solidarité qui a déjà joué jusqu’à maintenant, notamment les dons pour payer les salaires comme le demandait le tribunal, peut-elle une nouvelle fois donner un peu temps à Gima ?

Les motards le pensent et les soutiens à Gima et Voxan seront dans la rue ce samedi 27 février pour manifester. Ils donnent rendez-vous à Peschadoires devant l’usine New Gima à 13h puis iront en cortège jusqu’à Clermont-Ferrand pour manifester devant la préfecture. Une manière d’alerter une nouvelle fois les pouvoirs publics.

New Gima ne sera jamais un concurrent des géants japonais mais c’est un magnifique projet dans une niche nostalgique et luxe. Un projet avec la marque de luxe Hermès serait même en discussion. L’entreprise emploie actuellement 7 personnes et pourrait embaucher par la suite si elle arrive à lancer sa production. Si aucune solution n’était trouvée, Hilario Gonzalez sait que des repreneurs ont pour "ambition" de délocaliser la production vers l’Afrique du Nord...


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois